La société française vit aujourd’hui dans un tel niveau d’auto-dénigrement que nous finissons par ne même plus identifier le French bashing comme tel.
Il nous semble à tous évident que l’économie française est en retard et que la réglementation y est d’une telle lourdeur qu’elle fait fuir les entreprises. Pourtant à y regarder de plus près on réalise qu’il n’en est rien !
En plus d’être devenu un des pays les plus dynamiques au monde pour les créateurs de startups (cf. notamment les déclarations du PDG de Cisco sur le sujet), la France sait aussi légiférer dans le bon sens afin d’encourager l’innovation efficacement. C’est précisément le cas du prêt participatif français.

Qu’est ce que le prêt participatif ?

Le financement participatif – aussi appelé crowdfunding – est constitué de différents types de financement. L’un d’entre eux, le prêt participatif (crowdlending), permet à des particuliers tels que vous et moi de prêter à plusieurs pour financer un même projet. Le terme « projet » est à prendre au sens large. En voici quelques exemples :

  • une entreprise souhaitant se développer à l’étranger
  • un cadre en reprise d’études ayant besoin de financer un master spécialisé
  • un jeune devant s’acheter un moto pour aller travailler

Tous ces projets ont besoin d’un emprunt pour être réalisés. Cet emprunt sera par la suite remboursé comme un crédit classique à tous les prêteurs.

La réglementation française autour du prêt participatif

En 2014, le législateur a décidé d’autoriser le prêt participatif en France jusque là interdit . Cette ouverture du monopole bancaire dans notre pays est une excellente nouvelle puisqu’il permet de faciliter l’octroi de crédit à ceux qui en ont besoin, et que par la même occasion il permet l’apparition d’un nouvel éco-système au sein des Fintech françaises, générateur d’innovation et d’emploi.

Concrètement à ce jour il est possible, côté prêteur, de prêter sous forme participative jusqu’à 1000€ par projet avec intérêts, et 4000€ par projet sans intérêt. Bien entendu il est possible de prêter à autant de projets qu’on le souhaite. L’esprit de la loi ici est clairement d’encourager le prêteur à diversifier son risque. Côté emprunteur, il est possible d’emprunter jusqu’à 1 million d’euros sous ce format.

La création de nouvelles startups dans le domaine ne s’est pas fait attendre, et l’éco-système se structure actuellement à vitesse grand V.

Le prêt participatif français à la pointe

Contrairement à ce que d’aucuns pourraient penser, ce cadre du prêt participatif en France est inédit à travers le monde !

La France est le fer de lance en la matière, et il semblerait que seule la Chine permette à ce jour des plateformes similaires de prêt participatif où le prêteur est autorisé à prêter directement à l’emprunteur.
Même des pays réputés avant-gardistes en matière de financement participatif tels que les Etats-Unis ou le Royaume-Uni n’autorisent pas encore le prêt participatif direct (direct peer-to-peer lending) : les fonds sont systématiquement mutualisés par un intermédiaire puis ré-alloués via ce dernier. Impossible donc de connaître l’emprunteur et de maîtriser concrètement où va l’argent (ce qui est une des raisons expliquant le succès du crowdlending français).

Ajoutons à cela que, de matière générale, même si l’économie du financement participatif en France est encore naissante, elle reste la deuxième en volume après le Royaume-Uni à l’échelle européenne.

 

La morale de cette histoire ? Lorsque l’on vous rebat les oreilles à grands coups de French bashing, répondez en citant le cas du prêt participatif français !

Julien Salinas

Julien Salinas

Co-fondateur chez StudyLink
Julien Salinas est le cofondateur de StudyLink.fr. Double-diplômé de Grenoble Ecole de Management et Télécom Bretagne après une classe prépa HEC, il a travaillé plusieurs années dans les systèmes d'informations, le développement informatique, et le marketing technique. En tant qu'ancien étudiant, Julien cherche à conseiller les étudiants actuels au mieux à la lumière de son expérience. En tant qu'investisseur il souhaite aussi donner aux investisseurs des pistes sur la meilleure façon de placer son argent de façon utile et solidaire.
Julien Salinas